Le saut de classe : quand, comment, pourquoi?

Quelle est la différence entre un saut de classe, un glissement et un décloisonnement ?

Un saut de classe est spécifié sur la fiche remise aux parents en fin d’année scolaire. Par exemple un élève de cp, rentrera directement en ce2 au mois de septembre suivant.
saut de classe ms gs cp ce cm primaire
Un glissement est un changement de niveau en cours d’année. Ainsi, un élève en cp durant le premier trimestre pourra passer au ce1, par exemple, à la rentrée de janvier (ou après la Toussaint ou Pâques, bref, souvent à l’occasion de la rentrée des petites vacances).
glissement ou passage d'un niveau de classe au niveau supérieur en cours d'année
Un décloisonnement est un glissement partiel. L’élève se met à suivre le niveau supérieur en cours d’année (ou à la rentrée si cela a été décidé en juin), mais uniquement pour certaines matières. Ce choix a de multiples causes et répond à des cas particuliers. Il est possible en primaire mais également au collège, voire dans certains lycées.   

Qui demande le saut de classe ?

Le saut de classe peut être demandé par les parents ou proposé par le professeur. Les motivations premières des uns et des autres diffèrent quelque peu, même si, au final, tout le monde cherche la même chose : le bien de l’élève. Oui, je vous entends d’ici : dans ce cas, pourquoi y-a-t-il autant de tension lorsqu‘un parent aborde ce sujet avec un enseignant ? Parce que les critères pour décider d’un saut classe ne sont pas les mêmes dans la tête d’un enseignant et d’un parent. Comme souvent lorsque le sujet me touche à la fois personnellement et professionnellement, j’en explore tous les aspects et l’article se transforme en mini guide (comme mon dernier article sur LES DEVOIRS !). J’ai donc repris l’idée du plan cliquable pour vous faciliter la lecture. Vous pouvez ainsi rejoindre directement un des dix chapitres.   

Mon plan, pour un meilleur ‘saut de classement’.

1-le saut de classe vu par l’enseignant
2-le saut de classe vu par le parent
3-Les bonnes raisons de sauter une classe
4-Les raisons insuffisantes pour sauter une classe
5-Les arguments de l’enseignant pour refuser un saut de classe
6-Les inconvénients potentiels de sauter une classe
7-Les avantages de sauter une classe
8-Le meilleur moment pour sauter une classe.
9-Les démarches pour obtenir un saut de classe, un glissement en cours d’année, un décloisonnement.  
10-Un exemple vécu.

1-Le saut de classe vu par l’enseignant.

L’enseignant est formaté pour l’égalité à tout prix. Donner la même chance à tout le monde, ne pas faire de différence, etc. C’est louable. Et même si la réalité le rattrape avec des inégalités de niveaux jamais atteints auparavant dans une même classe, il jongle entre des injonctions paradoxales et tente de combler les inégalités à lui tout seul avec la pédagogie différenciée (un doux rêve avec les classes actuelles !). Il y a donc, chez lui, comme une réaction épidermique lorsqu’un parent évoque un éventuel saut de classe. C’est de l’ordre de l’inconscient. Pourquoi faire une fleur à un élève alors que tant d’autres ont besoin qu’on se penche sur leurs cas ? Ou alors, il a bien remarqué que cet élève était une formule 1, mais il a d’autres chats à fouetter (ou du moins à dompter).   

2-Le saut de classe vu par le parent.

Les parents réclamant un saut de classe le font rarement pour se glorifier de la chose ! Je dirais même, que dans la grande majorité des cas, c’est l’angoisse au ventre qu’ils demandent un saut de classe. Et les raisons de cette demande sont multiples. Loin d’être une fin en soi, c’est le moyen pour que l’enfant se sente mieux, ne soit plus harcelé, trouve un copain, s’agite moins, etc.  

3- Trois bonnes raisons de sauter une classe.

L’ennui (puis la démotivation).
L’ennui en lui-même, à petite dose, n’est pas un problème. Mais un enfant précoce comprend en 2 mn ce qui demande parfois plusieurs jours à ses camarades. Refaire sans cesse les mêmes exercices pour bien comprendre n’a pas de sens pour lui. L’ennui et ses conséquences guettent ! Même si dans les faits, l’enfant ne se tourne pas les pouces 90% de son temps. Il peut s’ennuyer tout en réalisant le travail demandé, sans motivation. Jusqu’au jour ou il rendra un travail bâclé (ou une feuille remplie de dessins) et se désintéressera totalement de ce qui est dit en classe. L’ennui engendre la démotivation qui engendre le décrochage. Car cet élève n’apprend jamais à apprendre. Il ne sait pas fournir d’efforts car tout est facile. Et un jour, ça coincera. On pourrait penser qu’il se mettra à travailler le jour où il en aura besoin. Mais comment se mettre à faire une chose que l’on a jamais apprise ? Sans compter qu’il faudra dans le même temps contrer les nouvelles habitudes prises entre-temps (smartphones, jeux vidéo…).  

Le mal-être de l’enfant.
L’enfant précoce ne rentre pas dans le moule et il ressent plus ou moins inconsciemment une barrière entre lui et les autres. Ne comprenant pas la source de son mal-être, il l’extériorise par la provocation directe (verbale, physique) ou indirecte (travail bâclé, agitation, dépression).
Plus d’infos dans l’article  L’enfant précoce à l’école, en parler aux enseignants ?   

L’enfant isolé.
Ce comportement provocateur ou/et dépressif isole l’enfant. Mais l’enfant précoce n’a pas besoin d’être provocateur pour être isolé. Un élève discret et gentil peut être tout seul durant une année entière. Soit parce qu’il ne sait pas s’intégrer et reste dans son coin, soit parce que les autres rejettent son fonctionnement différent. 

4-Les raisons insuffisante pour sauter une classe.

L’ennui est une bonne raison, mais, dans certains cas, elle n’est pas suffisante. Si l’élève est épanoui, bien intégré dans la classe et joue avec ses camarades en récréation, un saut de classe le coupant de ses amis est risqué. La solution dans ce cas, est de le nourrir à la maison. On entend souvent dire que nos enfants ont trop d’activités et sont fatigués. L’enfant précoce lui, se fatigue de ne rien faire ! S’il a ses heures de sommeil, son cerveau sera apaisé avec, selon ses affinités, du russe, de la calligraphie chinoise, du piano, des échecs… mais également du théâtre, des arts martiaux, du yoga… Et si vous ne pouvez pas organiser un tel planning, pas de panique ! N’oublions pas qu’un après-midi de jeux de société en famille ou un livre sous la couette peuvent être sources de nombreux apprentissages, en les choisissant avec soin. C’est pourquoi je vous propose régulièrement de bons LIVRES et JEUX

5-Les arguments de l’enseignant pour refuser un saut de classe

Listons ici les mauvais arguments.
Ces arguments sont souvent avancés en toute bonne foi par des enseignants toujours aussi mal formés aux profils des EIP.saut de classe, refus de sauter une classe pour manque de maturitéL’IMMATURITÉ.
N’attendez pas que votre tomate verte devienne rouge car vous possédez une variété qui restera toujours verte. Ce qui ne l’empêche pas d’être mûr. Sa maturité s’apprécie lorsqu’on regarde à l’intérieur. Les émotions sont mal gérées et l’élève est estampillé, « bébé pour son âge » ou « immature ». Ceci sous-entend qu’avec les années, il apprendra à gérer ses émotions, comme tout le monde. Eh bien, non ! L’enfant hypersensible deviendra un adulte hypersensible. Cet enfant qu’on trouve immature (à l’école) car il ne maîtrise pas les codes sociaux, exprime (à la maison) des pensées d’une maturité qui fait défaut à pas mal d’adultes. Et c’est ce déséquilibre que l’enfant a du mal à gérer. Un saut de classe ne va pas l’aider à mûrir (la tomate reste verte), mais le laisser végéter ne l’aidera pas non plus. À ce stade, l’adulte se dit « Mais s’il est en décalage avec les enfants de son âge, il le sera d’autant plus avec des enfants plus âgés, donc plus mûrs. » Imaginez un gouffre entre deux rives. Que le gouffre fasse 10 mètres de large ou 50 mètres, cela ne change rien puisqu’il vous empêche, dans les deux cas, de rejoindre l’autre rive. Quitte à être coincé sur une rive, autant avoir de la compagnie. C’est pourquoi la question à se poser n’est pas celle-ci mais « A-t-il des amis ? » Je développerai ce point dans le chapitre des bonnes raisons pour demander un saut de classe. Poursuivons ici la liste des mauvaises raisons de le refuser.

GRAPHISME GROSSIER.
Les enfants précoces ont pratiquement tous une écriture peu esthétique (si si, même les filles 😉 ). Et ce sera le cas toute leur vie ! Là encore, ce graphisme est pris pour un manque de maturité ! En fait, il résulte d’un décalage entre la rapidité de la pensée et la lenteur de la main. Ce décalage ne disparaît pas avec l’âge ! Les adultes surdoués n’ont pas une belle écriture ! Attendre d’un enfant précoce qu’il adopte une belle écriture pour un saut de classe, c’est comme attendre qu’il brode du point de croix avec des gants de boxe !

NE FINIT PAS SON TRAVAIL.
« Qu’il fasse déjà le travail demandé ! ». Après tout, un élève aussi doué ne devrait-il pas tout faire impeccablement ? L’enfant précoce a toujours été, au début de sa scolarité, un élève enchanté de faire tout ce qui était demandé à l’école. Puis, selon son avance intellectuelle et sa patience, arrive à plus ou moins longue échéance le jour où il en a assez. Assez de répéter les mêmes exercices, assez de ne pas comprendre pourquoi ça n’avance pas. C’est justement lorsque l’enfant ne finit pas son travail ou le survole qu’il y a risque imminent de décrochage scolaire. La solution n’est pas de le forcer à avaler la même soupe tous les jours mais de lui proposer de nouveaux plats. Évidemment, le seul critère de ne pas finir le travail demandé ne suffit pas à supposer une précocité !  

LES RAISONS CACHÉES d’un refus par l’enseignant. 
Elles peuvent être d’ordre psychologique, comme un ressentiment d’avoir eu soi-même les capacités pour un saut de classe, sans en avoir bénéficié. Ou bien elles peuvent être d’ordre purement administratif. Parce que le métier a évolué et que de nombreuses démarches chronophages sont imposées aux professeurs et aux directeurs d’école sans aucune formation ni information ! Pour chaque démarche d’enfant à besoin particulier, le professeur doit se débrouiller tout seul tout en semblant tout maîtriser devant les parents.

Quelle que soit la raison du refus, dirigez le professeur vers un texte (par exemple celui-ci conseil pour la scolarité des EIP) détaillant le profil d’un enfant à haut potentiel (le saut de classe est évoqué à la page 4). 

6- Les inconvénients potentiels d’un saut de classe.

J’aurais pu intituler ce chapitre “les arguments pas si mauvais pour refuser un saut de classe”. À soupeser au cas par cas. 

Être taxé de ‘bébé’.
Dans un monde idéal, chacun irait à son rythme, sans risquer d’être catalogué en fonction de son âge. Mais voilà…
Il arrive que l’enfant ayant un an d’avance (ou deux ans d’avance !) soit taxé de «bébé» par ses camarades.
L’enseignant et les parents focalisent sur le niveau de l’enfant et sa capacité d’adaptation, mais oublient parfois le regard des autres. Et, par “les autres”, j’entends “les parents des autres élèves”… Car lorsqu’un “camarade” rejette un enfant sous prétexte qu’il a un an d’avance, c’est souvent parce qu’il a entendu, à la maison “Je ne comprends pas pourquoi il a sauté une classe… c’est pas normal… les parents ont du insister…etc” Eh oui, les parents des autres ne sont pas tous bienveillants et les enfants imitent les parents… C’est pourquoi, il est important d’évoquer avec l’enseignant comment présenter ce saut de classe. Une mise au point de l’enseignant, à l’intention des élèves, est la bienvenue en début d’année. Et cette présentation doit évidemment être faite avec tact ! Claironner “c’est un enfant précoce, il est différent” ne va pas arranger ses affaires ! 

Si l’enfant arrive dans une nouvelle école, il est judicieux que l’enfant n’évoque pas son âge en début d’année. Assurez-vous que l’enseignant fera de même et laissez votre enfant “faire son trou”. Puis, s’il a du mal à s’intégrer, voyez avec le professeur.

Être plus petit, physiquement.
Dans un monde idéal, les plus grands ne s’en prendraient pas aux plus petits. Mais voilà…

On peut ainsi craindre que l’enfant ne puisse se défendre au contact d’enfants plus forts physiquement. Mais le harcèlement peut très bien être exercé par un enfant du même âge, et pas forcément plus grand ! Point à suivre de près ! 

Contact avec les jeux vidéo.
Un autre inconvénient d’un contact avec des élèves plus âgés est une initiation précoce aux jeux vidéo en général et aux jeux vidéo violents en particulier ! C’est pourquoi il est important de sensibiliser votre enfant à la maîtrise des écrans (en terme de quantité mais également de qualité) avant le saut de classe si celui-ci concerne le cm1 ou le cm2. Idem pour le smartphone au collège. 

7- Les avantages d’un saut de classe ou d’un glissement.

-Eviter le décrochage par ennui
-Nouer des relations différentes avec de nouveaux camarades
-Éviter un enseignant cassant ayant pris l’enfant en grippe (avec un glissement en cours d’année) ou éviter l’unique enseignant du niveau supérieur dont la réputation vous fait envisager le pire (avec un saut de classe). 
-Se soustraire au harcèlement. Parce qu’on sait bien que ce ne sont JAMAIS les harceleurs qui sont priés de changer d’établissement et donc de quitter leurs copains. 

En résumé, le saut de classe permet parfois (souvent, en fait) d’être mieux dans sa tête, plus serein, plus heureux…
S’il y a urgence et que la situation est bloquée, rappelez-vous que si l’instruction est obligatoire, la scolarité ne l’est pas. Vous pouvez retirer votre enfant de l’école, même pour une seule année, grâce à l’instruction en famille. Ceci est valable de la maternelle au lycée (et plus). 

8- Quel est le meilleur moment pour un saut de classe ?

En primaire (maternelle et élémentaire), le saut de classe peut être envisagé à n’importe quel moment de l’année et à n’importe quel niveau. La grande majorité des sauts de classe se font en primaire. Le plus tôt est le mieux. En maternelle, les autres enfants accorderont moins d’importance à la différence d’âge. La plupart des sauts de classe se font entre le cp (lorsque l’enfant est bon lecteur avant tout le monde) et le CE2 (ennui, mal-être croissant).

Lorsque tout va bien mais que l’enfant s’ennuie, deux situations favorisent la décision de sauter… le pas. Tout d’abord, lorsque l’enfant est dans une classe à double niveau. Ou bien à l’occasion d’un déménagement. Car dans ces deux cas, le saut de classe n’est pas à l’origine d’une coupure avec les copains ou copines de classe. L’idéal est la classe à double niveau car l’enfant a intégré (l’air de rien, mais assurément !) toutes les notions du niveau supérieur.

Au collège, bien que possible, cela reste assez rare. En effet, au collège le nombre d’interlocuteurs, le nombre de classes (donc d’élèves) par enseignant, l’importance de l’effet groupe à l’adolescence, etc. tout cela engloutit l’enfant dans la masse et il est rarissime qu’un enseignant de collège vous convoque pour aborder ce sujet. Voyez avec le professeur principal si, dans un premier temps, un décloisonnement est possible (explication au chapitre suivant). 

9- Les démarches pour obtenir un saut de classe, un glissement en cours d’année, un décloisonnement. 

-Si la proposition vient de l’enseignant.
Vous n’aurez rien à faire en dehors de donner votre accord (que ce soit en fin d’année pour un saut de classe ou en milieu d’année pour un glissement).
-Si vous êtes initiateur.
Vous sentez l’équipe réticente (parfois juste par principe !) ? Dans ce cas, vous devez fournir des « cautions extérieures » à votre bon vouloir. Test de QI et bilan accompagnant ce test (qui peut être également demandé en cas d’accord), avis de la psy scolaire (ça peut être à double tranchant, si elle n’est pas formée aux profils d’enfant à haut potentiel), et, si nécessaire, le référent EIP (enfant intellectuellement précoce) de votre académie.
Notez bien qu’un glissement peut se faire (contrairement à ce qu’avancent quelques professeurs mal informés) à n’importe quel moment de l’année. Et si l’équipe pédagogique est favorable au glissement, il peut être mis en place très rapidement sans avoir à demander l’accord de l’inspecteur. 

En mai, le conseil des maîtres signifie à tous les parents, par écrit, le passage dans la classe supérieure ou éventuellement le saut de classe de leur enfant. Si vous avez fait la demande pour un saut de classe et que la proposition est le simple passage en classe supérieure, quel est votre recours ? Vous devez faire appel en renvoyant au plus vite le papier signé spécifiant votre refus. La décision finale sera alors prise en réunion présidée par le DASEN (une sorte d’inspecteur en chef). Le soutien du référent EIP est, dans ce cas, le bienvenu. La réponse est souvent négative. D’un autre côté, un passage forcé mettra l’enfant en mauvaise posture vis à vis des enseignants… Des infos officielles ICI
Il est donc important de rencontrer le professeur au second trimestre afin d’obtenir un saut de classe dans les meilleures conditions. Certains enseignants seront alors rassurés de fournir à l’enfant, pour les vacances de pâques, de nombreux exercices du niveau qu’il doit sauter. Au retour des vacances, le professeur peut ainsi vérifier les acquis de l’enfant. Entre nous, malgré parfois un dossier d’exercices digne d’un chef d’état en campagne, les enfants précoces passent de bonnes vacances avec beaucoup de temps libre 😉

Au collège, s’il est difficile d’obtenir un saut de classe, le décloisonnement peut être un premier pas. Par exemple, un élève de 5e excellent en math mais avec des résultats en baisse pour cause de démotivation peut se voir accorder un décloisonnement en math. En pratique, il reste en 5e, mais suit les cours de 4uniquement pour les mathématiques. Ceci peut faire partie d’un PPRE avec engagement de la part de l’élève à se remettre au travail. C’est au cas par cas. L’élève peut ensuite intégrer peu à peu les autres matières. Dans l’exemple cité, l’élève reste officiellement inscrit  toute l’année en 5e, même s’il finit l’année totalement en 4e, puis le conseil de classe du 3e trimestre indique un passage en 3e. Si ce n’est pas le cas, là encore, il faut réagir très vite (dès le lendemain) pour faire appel.

10- Un exemple vécu.

Et même vécu de très près puisqu’il s’agit du parcours scolaire de mon fils. Une histoire avec des rebondissements (de classe en classe), des larmes (beaucoup !) et une fin plutôt inhabituelle… (ambiance suspens).

Tout commença dans une petite école de village.
Proposition de l’enseignante d’un glissement de la GS au CP
Je n’ai pas sauté de joie. Moi-même jeune enseignante sans expérience, j’étais convaincue que les sauts de classe devaient rester exceptionnels et réservés aux élèves spécialement matures. Pourtant, toutes les conditions étaient réunies : l’enfant était dans une classe à triple niveau (GS-CP-CE1) et, de ce fait, il garderait les mêmes copains, la même classe et la même (super) maîtresse ! Nous, parents, n’étions ni pour ni contre. Seul, le bonheur de notre enfant comptait et nous lui avons donné le choix. Ce choix, loin de l’angoisser, a été fait en 30 secondes. Il a posé une seule question « Est-ce que l’après-midi, je continuerai à dessiner ? ». On lui a expliqué que non, il devra suivre le cours de cp pendant que ses camarades de maternelle dessineront. Sa réponse a été sans appel « Alors je reste en grande section de maternelle ! ». Mon logiciel de prof a validé.

Demande de notre part d’un passage du cp au ce1 en cours d’année.
L’année suivante, il était donc en cp, toujours dans cette même classe à triple niveau, mais avec une nouvelle enseignante. Cette dernière semblait mal à l’aise avec les enfants (et les parents qu’elle fuyait carrément !) et nous avions très peu de retour sur ‘l’ambiance de classe’. Jusqu’au coup de fil d’une autre maman, qui m’apprenait que sa fille avait été choquée par l’humiliation qu’avait infligée cette enseignante à mon fils ! Interrogé à ce sujet, ce dernier a simplement haussé les épaules et rétorqué, avec un mélange d’honneur bafoué et de fatalisme « Tu sais, elle peut faire ce qu’elle veut, je m’en fiche ». Nous avons rencontré la directrice qui s’est excusé pour sa jeune collègue. Apparemment, cette enseignante, peu sûre d’elle, prenait les jeux de mots de notre fils pour des attaques personnelles et avait ‘craqué’. Apprenant que cette enseignante devait rester dans l’école l’année suivante, nous avons décidé de faire passer le fameux test de QI à notre enfant. Le but était d’obtenir un glissement au CE1, afin qu’il fasse la rentrée de septembre en CE2 avec une autre enseignante. Le glissement a été accepté sans problème. Il faut dire que l’enfant avait déjà entendu deux fois le programme de CE1 et répondait déjà aux questions de CE1 lorsqu’il était en grande section de maternelle. Le glissement s’est fait après les vacances de Pâques. Vacances durant lesquelles l’enfant était censé «travailler sérieusement tous les jours pour se mettre à jour». Nous avons respecté le contrat pour la forme, à raison de 5 mn par jour 😉
Résultat du saut de classe.
Depuis son entrée en maternelle, notre fils avait développé une hyperactivité qui, je l’espérais, disparaîtrait avec le saut de classe. Il m’a semblé qu’un mieux était tangible. Mais tout était encore trop lent et trop facile pour lui et l’agitation est vite revenue.
Un parcours chaotique.
Je ne détaillerai pas ici notre recherche de l’école parfaite. Cela fera l’objet d’un article à part. En décalage avec les autres enfants (quel que fût leur âge), il a enfin eu un copain en 5! En seconde, il se retrouva à nouveau seul.
Le rebondissement final (au lycée).
Je vous l’ai promis, le voilà. À la fin du premier trimestre de 1L, notre fils nous fit cette demande insolite «Je voudrais changer d’école et retourner en seconde». Il dit vouloir suivre l’option cinéma qui n’existe pas dans son lycée et qu’il désire suivre depuis le début c’est-à-dire en seconde. J’avais remarqué son air triste depuis la rentrée et j’ai tout à coup remis en question le bon fondé de son saut de classe en primaire. Au lycée, il me semblait en total décalage avec les jeunes de sa classe. Filles maquillées, garçons qui se retrouvent au café, et lui si ‘enfant’… Je pensais que « l’option cinéma » était une excuse pour retrouver des enfants de son âge. Bref, en janvier, il est retourné en seconde avec option cinéma, dans une école privée. L’enthousiasme a été de courte durée. L’option lui plaisait mais il rencontrait le même problème d’adaptation au système. Ce n’est qu’en première (du coup, sa seconde première, si vous suivez), qu’il a été plus serein (mais ça, c’est une autre histoire). 

L’avis de l’enfant, avec le recul des années.
Mon fils a aujourd’hui 23 ans. Il y a peu, je lui ai demandé « si c’était à refaire, tu sauterais le ce1 ou pas ? » À ma grande surprise, il a aussitôt répondu « Oui, ça limite un peu l’ennui, même si, de toute façon, le système est à revoir en totalité ». Voulant en avoir le cœur net, je lui demande alors « Et ta demande de retour en seconde, c’était surtout pour retrouver des enfants de ton âge, non ? ». Réponse sans appel « Pas du tout, je voulais vraiment faire l’option cinéma. Si j’étais isolé, ce n’était pas une question d’âge mais de mode de pensée. Je ne comprenais pas comment fonctionnaient les autres, qu’ils aient mon âge ou pas. » 

Conclusion de la maman.
Le saut de classe est une solution, à défaut de vrais aménagements pour les enfants à haut potentiel. Sans en attendre un miracle, il ne faut pas hésiter à le tenter si l’enfant n’est pas bien.

C’est à vous…

…de nous raconter le parcours de votre (ou vos) enfant(s). Avez-vous refusé ou au contraire demandé un saut de classe. Comment cela s’est-il passé ? Ou bien êtes-vous en plein questionnement et cet article a-t-il nourrit votre réflexion ?
Au plaisir de vous lire,
Delphine
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le saut de classe comment le demander cp ce cm

 

 

 

 

 

 

 

12 réflexions sur « Le saut de classe : quand, comment, pourquoi? »

  1. Bonjour, je suis contente de trouver toutes ces informations. Ma fille fini la MS et elle lit hyper bien, de façon fluide, selon la maîtresse elle a un niveau de lecture CE1, dessine avec énormément de détails, écrit (pas encore en attaché), compte et comprends bien les chiffres, a une connaissance du monde plus ample que ces camarades de MS. La maîtresse nous a dit qu’elle a parlé avec la maîtresse de la GS et que nous aurons certainement un rdv à la rentrée. Mais voilà que le papa est “déçu”, il ne comprend pas qu’on l’envoie en GS, qu’elle va s’ennuyer (elle dit que tout est trop facile pour elle, hier il fallait travailler les quantités jusqu’à 10), que l’école “va la tirer vers le bas”. Il s’agit d’une école privée qui fait maternelle et élémentaire. Donc vous me rassurez qu’on glissement sera possible en cours d’année, mon mari même enseignant il a dit n’avoir jamais vu en 15 ans! Ses collègues semblent n’avoir jamais entendu parler…
    De mon coté je préfère qu’elle fasse la GS à la rentrée, elle aura 5 ans en septembre et est bien intégrée dans son groupe. Et aussi car je pense que le CP aura un autre cadre, beaucoup plus rigide, pas de moments pour jouer comme à la maternelle et elle a encore besoin de “jouer”.
    Je ne sais pas quoi faire (monsieur veut insister pour un rdv et un saut de classe ou glissement) le plus rapidement possible. Elle, je lui ai déjà demandé et si c’est pour se séparer de ses amis elle ne le veut pas.
    Je n’ai pas envie de la faire passer des testes si ce n’est pas vraiment nécessaire, moi même j’ai été diplômée en psychologie et je ne suis pas trop pour ces testes de QI.
    Merci beaucoup

    • Bonjour,
      C’est typiquement le genre de situation sans difficulté apparente mais la décision pose souvent problème aux parents (contrairement à ce que pensent beaucoup d’enseignants). En fait, vous et votre mari avez tous les 2 raison ! Oui, votre enfant risque de s’ennuyer plus tard (si elle reste en GS). Oui, elle risque d’être moins bien intégrée sans ses copines (si elle passe en cp). Mais, j’ai envie de vous dire que c’est l’enfant qui vous amènera à la bonne décision. Et quelque soit cette décision, elle ne sera pas définitive ! Bien qu’un saut de classe soit préférable à un glissement en cours d’année lorsque l’enfant reste dans le même établissement (le rapport avec les autres élèves est plus délicat). Renseignez-vous sur “l’ambiance de la classe” qu’elle devra intégrer en cas de saut de classe. Voyez si vous pouvez inviter des élèves (grande soeur d’une copine) de cette classe. L’intégration future n’en sera que facilitée.
      Quant au test, vous pouvez dire à votre enfant (encore très jeune) qu’il s’agit juste d’exercices pour voir ses points forts. Et la psychologue peut également vous aider à faire le point (rapprochez-vous des associations, ne prenez pas une psychologue au hasard!). En tous cas, tenez-nous au courant.

  2. Bonjour, merci pour cet article très intéressant car je vis TOUT ce que vous écrivez en ce moment. Je viens de demander un saut de classe pour ma fille (QI 134 wisc v) car je vois bien qu’elle se désintéresse petit à petit de l’école (CE1) et qu’elle est bien plus à l’aise avec des enfants un peu plus âgés. Bref j’y suis allée « la boule au ventre » comme si on était coupables de quelque chose. Et je me suis retrouvée face à des murs … personne n’a eu un mot gentil du style « on est content pour elle », ou un « ah oui, haut potentiel mais c’est super! ». Non c’était juste une source de problème … et de démarches et de procédures. J’étais déçue. Mes enfants sont dans cette école depuis longtemps et je n’ai trouvé aucune complicité, communication ou encouragement. Dommage.

    • Bonjour Marie,
      Effectivement, en France le HQI est souvent mal vu car méconnu. Les choses changent mais trop doucement. Or, lors d’un saut de classe, le comportement de l’enseignant est primordial pour l’insertion de l’enfant. J’espère que ce saut de classe se fera et qu’il se passera en douceur. Donnez-nous des nouvelles.

  3. Bonjour
    Je cherche désespérément un article expliquant si un décloisonnement ou un glissement peut se faire entre 2 écoles de villages voisins avec 2 directions mais qui se connaissent… un vrai casse tête…
    Merci

    • Bonjour,
      Les sauts de classe et glissements dépendent avant tout d’une bonne communication entre les parents et les enseignants.
      Un glissement à l’occasion d’un changement d’école est possible à condition que les deux équipes soient d’accord.
      Le changement de camarades est le moment idéal pour un saut de classe en douceur.
      Un test de QI facilite toujours les choses.
      Bonne rentrée lundi,

  4. Bonjour, je me permets de vous faire part de mon parcours à moi, 34 ans, qui a sauté le CP. Je savais lire en MS et après m’avoir consultée, mon enseignante de GS me faisait faire les exercises de CP l’après-midi pendant que mes camarades jouaient. Dans mon souvenir cela ne m’a jamais dérangée puisque depuis toute petite, l’apprentissage a toujours été un jeu pour moi, comme un puzzle. Le saut de classe a clairement été bénéfique car j’avançais à mon rythme, sans m’ennuyer… j’avais le droit d’aller lire quand je terminais mes exercices. Par contre au collège j’ai été victime d’harcèlement scolaire à cause de cela, mon plus jeune âge, le fait que je sois petite avec une tête assez enfantine (même maintenant je fais encore plus jeune que mon âge), et toujours avec les meilleures notes … parfois il n’en faut pas plus. A cette époque j’ai d’ailleurs longtemps repproché à mes parents ce saut de classe. Aujourd’hui tout cela est derrière moi, je suis épanouie dans ma vie professionnelle même si je suis toujours en décalage avec mes collègue. Quand on appprend facilement, ça ne s’arrête pas adulte 🙂 Ce que je regrette avec le recul c’est de ne pas avoir été suivie par une psychologue, cela m’aurait sûrement aidé à mettre des mots sur mon isolement et mon mal être au collège, et le fait de ne pas avoir fait de test de QI. Certains diront que ça ne sert à rien, mais pour ma part cela m’aurait aidé à me comprendre et à me positionner avec les autres de mon âge et sûrement à mieux vivre cette période difficile au collège.
    Dernier point pour les parents qui se posent des questions, écoutez votre enfant. S’il a peur, qu’il ne veut pas et qu’il n’est pas malheureux dans sa situation … ne forcez pas, vous pourrez toujours évaluer un changement en cours d’année.

    • Bonjour et merci beaucoup pour ce témoignage.
      Votre récit montre bien que tout n’est pas noir ou blanc. Il est vrai que, malheureusement, la taille de l’enfant compte aux yeux des autres. Votre témoignage montre également que le test de QI ne sert pas seulement à sauter une classe (puisque vous n’en avez pas fait pour sauter le cp). Il est aussi utile pour que l’enfant comprenne son ressenti de décalage avec les autres. Ce décalage qu’il ressentira effectivement toute sa vie. L’enfant précoce n’est pas “au-dessus” mais “à côté”. Il le ressent chaque jour sans comprendre pourquoi et finit par se trouver “bizarre”. Votre histoire illustre parfaitement l’article (ne pas forcer mais être à l’écoute). Un enfant précoce malmené au collège qui devient un adulte épanoui dans son travail, cela montre les ressources d’un enfant HPI. Merci encore et bonne route.

  5. Bonjour,
    concernant ma fille, 13 ans et scolarisée en seconde, le parcours, bien que facile n’a pas pas été un long fleuve tranquille. Rentrée en PS, au bout d’un journée elle nous fait un retour pour le moins surprenant, elle parle des autres en les appelant “les bébés”. A cette période, nous ne savions pas qu’elle était HP. L’année se passe plus ou moins bien, elle refuse catégoriquement d’entrer dans le graphisme, mais ne semble pas en souffrance à l’école. Durant les grandes vacances, ma mère me suggère de lui faire passer un test de QI….stupeur, notre fille est HP.
    A la rentrée, suite à un entretien avec le Directeur, elle est mise en GS. Tout va bien, apprend quasiment à lire. Changement d’école pour le CP, elle se trouve LA copine rêvée, qu’elle conservera jusqu’en CM2. Elle refuse donc un 2e saut car elle se dit heureuse avec ses amis.
    Elle attend sa rentrée en 6e avec impatience, pensant que ça sera fabuleux car elle croit que les profs vont enfin “les faire travailler” ! Quelle ne fût pas sa déception au bout de 15 jours : les élèves sont toujours aussi “bébés”, le travail toujours aussi inintéressant et perte de “LA” copine. L’année se passe comme ci, comme ça, mais nous ne la sentons pas épanouie. Début juin, elle me demande à ne plus aller en cours. Et là, je ne sait pas pourquoi je lui demande si elle souhaite ressauter une classe…. des étoiles plein les yeux, elle me répond un grand oui ! En quinze jour le saut de la 5e est acté, elle rentrera en 4e.
    Les grandes vacances ont été difficiles pour nous les parents : nous avons rattrapé le programme de 5e en maths, français et espagnol, et avons dû faire fasse aux “critiques” des uns et des autres …. “que faites vous vivre à votre fille ????”….ben nous, nous ne faisons que l’accompagner dans ses choix afin qu’elle soit heureuse et si un jour on s’aperçoit que les 2 ans d’avance ne lui conviennent plus, on sera là pour lui trouver d’autres solutions, tout simplement !
    Bilan de ce second saut, 3 ans après : une jeune fille épanouie, qui va en cours le sourire aux lèvres, qui a des amis et qui nous dit régulièrement qu’elle a trouvé sa classe d’âge. Elle est entourée d’ados formidables qui la respectent du haut de ses 13 ans, surtout les garçons car je ne vous ai pas dit, mais elle a plutôt un physique d’une jeune fille de 17 ans ! Pour le moment, ça ne la gêne pas de ne pas être dans les histoires d’amours et se contente d’être la copine qui conseille … le comble quand on sait qu’elle n’a jamais vécu de ce que les copines vivent !!!!
    Donc voilà, on accompagne, on conseille, on console…. finalement, je crois qu’on la vie “normale” de parents, elle est juste un peu plus intense 😉

    • Bonjour Émily,
      Merci pour ce témoignage très parlant. Il nous montre bien que le premier souci des parents est le bien-être personnel de l’enfant et non le niveau scolaire. Les filles ont la chance d’être souvent plutôt grandes au collège (contrairement aux garçons qui grandissent plus tardivement), ce qui facilite leur intégration. Votre témoignage montre également que l’enfant hp souffre moins du décalage intellectuel lorsqu’il a un ou une ami(e) et qu’avoir 2 années d’avance peut être bénéfique (sans mise à l’écart par les autres élèves).
      Bonne route à vous et votre fille qui semble être une jeune fille attachante 🙂

  6. Bonjour
    Un grand merci pour cet article fort intéressant !
    Je suis maman de 3 garçons : 13, 7 et 3 ans.
    Mon aîné a sauté ou plutôt glissé une classe très naturellement, il est actuellement en 3e et tout se passe bien.
    En revanche pour mon second. C’est parcours assez chaotique. Dès tout petit j’ai décelé chez lui de grandes facilités d’apprentissage, il a appris à lire à 4 ans avec moi en très peu de temps !
    Sa maîtresse de GS avait également remarqué ses capacités et l’avait proposé de suivre quelques cours de CP mais malheureusement elle a dû s’absenter et a été remplacée par un défilé de remplaçantes qui n’ont pas agi et n’ont pas vu grand chose …
    Arrivé en CP, sa maîtresse est en congé maternité donc remplaçant jusqu’en janvier qui ne remarquera pas que mon fils sait déjà lire … En revanche, il m’indique que mon fils ne sait pas se tenir sur sa chaise ….
    Sa maîtresse arrive en janvier, je décide d’en discuter dès le départ avec elle. Elle remarque ses capacités et l’alimente pour qu’il ne s’ennuie pas
    Puis, CE1 en rep+, donc 14 élèves dans sa classe. La maîtresse décide de privilégier les enfants en difficulté, mon s’ennuie à mourir. Puis en mars confinement, sa maîtresse nous envoit un mail/semaine. Mon fils termine ses devoirs en 2h …
    En juin, je découvre qu’il y aura une classe à double niveau CE2/CM1, je me dis chouette, il va enfin pouvoir s’épanouir mais non sa maîtresse de CE1 ne l’a pas positionné sur cette classe car elle estime qu’il est lent en écriture mais bon elle a préféré le laisser lire dans son coin quand il s’ennuyait dans sa classe !
    Je tente de faire du forcing. En vain. Septembre je vais à nouveau voir la directrice et demande une évaluation, il faut un test de QI (à priori dépassé car il s’agit du wisc 4 et il me semble qu’on en est au 5e…)
    Ses résultats sont hétérogènes, allant de 86 pour la vitesse de traitement à 142 pour la compréhension verbale, donc pas réellement de résultats.
    La conclusion de la psychologue, il est né en décembre, il n’est pas assez mature, laissez le en CE2, ce sera un élève brillant !
    Super !
    Quelle conclusion !
    Mon fils a de la chance car il a un super instit qui l’alimente cette année, le responsabilise et le valorise en lui demandant d’être tuteur auprès des autres élèves, il s’entend bien avec les élèves de sa classe car finalement il est mis en avant, mais que se passera t’il l’année prochaine ? Et les années suivantes ? Je me rends bien compte qu’il faut « l’alimenter » plus que les autres (horrible cette expression d’ailleurs) et suroît je me rends bien compte que tout dépend de l’enseignant
    Aujourd’hui j’ai annoncé à mon fils que je souhaitais qu’il aille en CM1, il a peur car il a peur de ne pas se faire des potes et de ne pas être à la hauteur (et je pense qu’il se sent bien dans sa classe) mais je suis obligée de me projeter pour lui
    Pour les potes, je ne suis clairement pas inquiète, il va s’en faire rapidement je pense, il est sociable et être à la hauteur, je n’ai pas d’inquiétude non plus, il va certainement avoir moins de facilité au début (et encore je ne suis pas sure)
    Il va plus loin que les notions de CE2 cette année alors que va t’il faire l’année prochaine ?
    Son instit était contre un saut de classe au début de l’année, après un mois avec mon fils, il est nettement plus mitigé, il souhaite clairement le garder dans sa classe car il l’aide beaucoup et il est fort agréable mais il comprend ma
    Position et m’a clairement dit que scolairement il avait le niveau sans problème
    Sa seule inquiétude est son jeune âge (né en décembre, argument qui m’agace clairement) et sa « maturité »

    Moi aussi j’ai peur de prendre la mauvaise décision pour aujourd’hui, pour demain et après-demain mais j’ai l’impression que si je ne fais rien je vais encore plus le regretter …
    Si vous en avez la possibilité donnez moi votre avis svp
    D’avance un grand merci 😊

    • Bonjour Nacima,
      Je n’avais pas vu votre commentaire et réponds très tardivement. Mais la réponse est dans l’article : votre enfant s’épanouit dans sa classe et a la chance d’avoir un enseignant qui l’apprécie à sa juste valeur. Dans ce cas, laissez-le vivre cette belle année de ce2. Il aura de bons souvenirs de son école primaire, ce qui n’est pas donné à tous les enfants. Si les conditions sont moins bonnes durant une autre année scolaire, ce sera l’occasion de lui faire sauter une classe, sans prendre de risque.
      Ceci dit en passant : la psychologue ne connaît visiblement pas le fonctionnement des enfants précoces. Même si je vous conseille la même chose, c’est pour des raisons totalement différentes ! Qu’avez-vous décidé, au final ?

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